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Compression du nerf ulnaire au coude (canal cubital) : symptômes, traitement et opération

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Compression du nerf ulnaire au coude (canal cubital) : symptômes, traitement et opération

Compression du nerf ulnaire au coude (canal cubital) : symptômes, traitement et opération

Nerf Ulnaire

une main qui perd en force lors de la prise en pince, un coude qui fait mal lorsqu’on l’appuie sur une table ou lorsqu’on le fléchit longuement au téléphone… Ces symptômes caractéristiques évoquent une compression du nerf ulnaire au coude — la deuxième cause de compression nerveuse du membre supérieur, juste derrière le syndrome du canal carpien. Ce nerf, aussi appelé nerf cubital, est particulièrement vulnérable à hauteur du coude en raison de son trajet anatomique superficiel dans un tunnel ostéo-fibreux étroit. Mal pris en charge, une compression chronique peut laisser des séquelles sensitives et motrices durables sur la main. Les chirurgiens du Centre 74 Main & Épaule vous présentent ce guide complet pour comprendre, diagnostiquer et traiter la compression du nerf ulnaire au coude.

Anatomie du nerf ulnaire : trajet et rôle fonctionnel

Origine et trajet cervico-brachial

Le nerf ulnaire est l’un des trois nerfs principaux du membre supérieur, avec le nerf médian et le nerf radial. Il tire son origine des racines nerveuses C8 et T1 du plexus brachial, à la sortie de la colonne cervicale. Son trajet du cou jusqu’aux doigts est long — environ 60 cm chez l’adulte — et le rend exposé aux compressions à plusieurs niveaux.

Au niveau du bras, il chemine à la face interne (médiale) sans risque majeur. C’est à hauteur du coude que sa vulnérabilité est maximale : il passe dans le sillon épicondylien médial (ou gouttière épitrochléenne), un canal ostéo-fibreux situé juste derrière l’épicondyle interne. C’est à cet endroit précis que la compression survient dans la grande majorité des cas.

Le canal cubital : zone de conflit

Le canal cubital (ou tunnel cubital) est délimité par plusieurs structures anatomiques qui en font un espace particulièrement étroit :

  • En dehors : la face postérieure de l’épicondyle médial de l’humérus
  • En dedans : le ligament arqué de Osborne (ou ligament rétinaculaire), épais et peu extensible
  • En avant : les tendons fléchisseurs du poignet (fléchisseur ulnaire du carpe)
  • La peau et le tissu sous-cutané, qui laissent le nerf directement palpable

 

Lors de la flexion du coude, ce canal rétrécit mécaniquement d’environ 55 % par rapport à sa taille en extension — ce qui explique pourquoi les symptômes sont aggravés par les postures coude fléchi prolongé. Un nerf déjà comprimé supporte encore moins bien cette réduction d’espace lors de la flexion.

Le trajet du coude à la main

Après être passé dans le canal cubital, le nerf ulnaire poursuit son trajet vers la main :

  • Il descend à la face interne de l’avant-bras, donnant des branches motrices au muscle fléchisseur ulnaire du carpe et à la moitié interne du fléchisseur profond des doigts
  • Il passe au poignet dans le canal de Guyon, une autre zone de compression possible (syndrome de la loge de Guyon)
  • Il se divise en deux branches terminales dans la main : la branche superficielle sensitive (petit doigt, face ulnaire de l’annulaire) et la branche profonde motrice (muscles intrinsèques de la main)

 

Fonctions sensitives et motrices du nerf ulnaire

Territoire Fonction Muscles/zones concernés
Sensitif main Sensibilité côté ulnaire Petit doigt, moitié ulnaire de l’annulaire (face palmaire et dorsale)
Sensitif avant-bras Sensibilité partielle Face interne de l’avant-bras distal
Moteur avant-bras Force de flexion Fléchisseur ulnaire du carpe, fléchisseur profond D4-D5
Moteur main Prise en pince et force Interosseux, hypothénar, adducteur du pouce, 2 lombricaux
Moteur main Écartement des doigts Interosseux dorsaux (abduction des doigts)

 

Pour les compressions nerveuses au niveau du poignet et de la main, consultez nos pages compression du nerf ulnaire et canal carpien (nerf).

Causes de la compression du nerf ulnaire au coude

Les causes mécaniques directes

La compression du nerf ulnaire résulte dans la majorité des cas d’une réduction de l’espace dans le canal cubital, due à l’une ou plusieurs des causes suivantes :

  • Posture prolongée coude fléchi : travail sur ordinateur, conduite, sommeil avec le coude fléchi sous la tête ou contre un oreiller — c’est la cause la plus fréquente
  • Appui répété sur l’épicondyle interne : poste de travail avec accoudoir dur, mécanicien, musicien, travail de bureau avec le coude posé sur une surface dure
  • Traumatisme direct : fracture ancienne de l’épicondyle médial, luxation du coude, contusion directe sur le nerf
  • Hyperlaxité ou instabilité du coude : le nerf peut se luxer en dehors de son sillon lors de la flexion, provoquant un étirement chronique
  • Ostéophytes ou corps étrangers articulaires : voir notre page

 

En cas de corps étrangers articulaires au coude comprimant le nerf : ablation de corps étrangers du coude par arthroscopie.

Les causes systémiques et locales

Cause Mécanisme Fréquence
Arthrose du coude Ostéophytes réduisant le canal cubital Fréquente après 60 ans
Kyste synovial du coude Masse comprimant le nerf de l’extérieur Modérée
Traumatisme ancien (cubitus valgus) Déformation angulaire tirant le nerf Rare mais sévère
Lipome périnerveux Masse graisseuse dans le canal Rare
Diabète Microangiopathie et neuropathie associée Facteur aggravant
Hypothyroïdie Infiltration des tissus périnerveux Facteur aggravant

 

Facteurs de risque professionnels

Certains métiers exposent particulièrement à la compression du nerf ulnaire au coude :

  • Musiciens (violoniste, guitariste, pianiste) : coude fléchi en permanence pendant les répétitions
  • Conducteurs de poids lourds ou d’engins : accoudoir dur, vibrations chroniques
  • Opérateurs sur machine : poste de travail mal adapté, coude en appui
  • Sportifs : cyclistes (appui sur le guidon), judokas (chutes répétées sur le coude), grimpeurs
  • Personnel soignant : chirurgiens, infirmières (bras tendu en flexion prolongée)

 

Symptômes de la compression du nerf ulnaire au coude

Les symptômes sensitifs : du fourmillement à l’hypoesthésie

Les symptômes sensitifs sont généralement les premiers à apparaître et les plus facilement identifiables par le patient :

  • Paresthésies (fourmillements, picotements) dans le petit doigt et l’annulaire (versant ulnaire) — souvent décrits comme « avoir le coude dans une prise électrique »
  • Hypoesthésie progressive : diminution de la sensibilité cutanée dans ce même territoire, jusqu’à l’anesthésie dans les formes sévères
  • Douleurs à la face interne du coude, irradiant vers l’avant-bras et la main
  • Aggravation typique lors de la flexion du coude prolongée : téléphone, lecture, conduite, sommeil
  • Signe de Tinel positif : percussion du nerf dans son sillon provoque une décharge électrique vers la main

 

Ces symptômes sont proches de ceux décrits dans notre article engourdissement du petit doigt : nerf ulnaire au coude ou au poignet ?. La distinction entre compression au coude et compression au poignet (canal de Guyon) est essentielle pour choisir le bon traitement.

Les symptômes moteurs : perte de force et déformations

Les déficits moteurs apparaissent plus tardivement, témoignant d’une atteinte nerveuse plus avancée :

  • Faiblesse de la prise en pince latérale (tenir une clé, une pièce de monnaie entre le pouce et l’index) — signe de Froment positif
  • Difficulté à écarter les doigts (interosseux dorsaux déficients)
  • Faiblesse de flexion du poignet côté ulnaire
  • Dans les formes évoluées : griffe ulnaire — hyperextension des métacarpophalangiennes et flexion des interphalangiennes de D4 et D5, liée à la paralysie des interosseux et lombricaux
  • Amyotrophie de l’éminence hypothénar et des espaces interosseux (aspect de « main plate »)

 

La griffe ulnaire est un signe de paralysie avancée qui indique une atteinte nerveuse sévère et justifie une intervention chirurgicale rapide pour limiter les séquelles définitives.

Formes cliniques selon la sévérité

Stade Symptômes dominants Examen clinique Urgence chirurgicale
Stade 1 — Léger Paresthésies intermittentes, pas de déficit Tinel + léger, test flexion positif Non — traitement conservateur
Stade 2 — Modéré Paresthésies permanentes, faiblesse légère Hypoesthésie, Froment douteux Surveillance rapprochée
Stade 3 — Sévère Déficit sensitif et moteur établis Griffe, amyotrophie, Froment positif Oui — chirurgie à discuter
Stade 4 — Très sévère Paralysie motrice complète, anesthésie Griffe fixée, amyotrophie majeure Urgence chirurgicale relative

 

Diagnostic : examen clinique et explorations

Tests cliniques de référence

Le diagnostic de compression du nerf ulnaire au coude est avant tout clinique. Un chirurgien spécialisé du membre supérieur pose le diagnostic en consultation grâce à plusieurs manœuvres diagnostiques :

Test clinique Manœuvre Interprétation
Signe de Tinel au coude Percussion du nerf dans le sillon épitrochléen Décharge électrique vers D4-D5 = compression
Test de flexion du coude Flexion maximale maintenue 60 secondes Paresthésies reproduites = positif (sensibilité 75 %)
Signe de Froment Maintenir une feuille entre pouce et index tendu Flexion compensatoire de l’IP du pouce = paralysie adducteur
Test d’abduction D5 Écarter le petit doigt contre résistance Faiblesse = atteinte interosseux
Griffe ulnaire Observation de la posture des doigts au repos Hyperextension MCP D4-D5 = signe de paralysie avancée
Signe de l’anneau Former un « O » entre pouce et index Incapacité = atteinte adducteur du pouce

 

Électromyogramme (EMG) : l’examen clé

L’électromyogramme (EMG) est l’examen de référence pour confirmer la compression du nerf ulnaire, quantifier son degré de sévérité et localiser précisément le niveau de l’atteinte. Il comprend deux volets :

  • Les vitesses de conduction nerveuse (VCN) : mesurent la vitesse de transmission du signal électrique le long du nerf. Un ralentissement significatif au passage du coude confirme la compression locale
  • L’électromyogramme de détection : examine l’activité électrique des muscles innervés pour détecter les signes de dénervation (atteinte motrice)

 

L’EMG permet également d’éliminer une radiculopathie cervicale C8 (hernie discale comprimant la racine nerveuse à son émergence) ou une polyneuropathie diabétique, qui peuvent donner des symptômes similaires. Voir notre page atteintes du nerf radial.

Imagerie : échographie et IRM

L’imagerie n’est pas systématique mais apporte des informations précieuses dans certaines situations :

  • Échographie haute résolution du nerf ulnaire : visualise directement le nerf dans son canal, mesure sa section transversale (augmentée en cas de compression), détecte un kyste ou une masse compressive
  • IRM du coude : indiquée en cas de suspicion de lésion osseuse ou articulaire associée (ostéophytes, corps étrangers, arthrose). Voir notre page arthrose du coude
  • Radiographie du coude de face et de profil : recherche un cubitus valgus ancien, des calcifications, une arthrose du compartiment interne

 

Traitements conservateurs de la compression du nerf ulnaire

Le traitement conservateur est proposé en première intention dans les stades légers à modérés (stades 1 et 2). Il repose sur la suppression ou la réduction des facteurs compressifs et la protection du nerf.

Modification des postures et de l’ergonomie

La correction des postures compressives est la mesure la plus efficace à court et moyen terme :

  • Éviter de maintenir le coude fléchi à plus de 90° de façon prolongée : adapter la hauteur du bureau, la position du clavier, l’orientation de l’écran
  • Supprimer l’appui sur l’épicondyle interne : remplacer les accoudoirs durs par des accoudoirs mousseux ou utiliser un coussin de protection
  • Pendant le sommeil : éviter de dormir avec le coude fléchi sous la tête ou contre le torse — une attelle de nuit maintenant le coude en légère extension est très efficace
  • Au bureau : positionner le clavier de façon à ce que les avant-bras reposent à plat, coudes à 90° sans appui sur le bord du bureau

 

L’attelle de coude nocturne : efficacité prouvée

L’attelle nocturne est le traitement conservateur le plus validé scientifiquement. Elle maintient le coude entre 30° et 45° de flexion, supprimant la tension nocturne sur le nerf. Portée toutes les nuits pendant 3 à 6 mois, elle permet une régression complète des symptômes dans 50 à 70 % des stades légers. Elle doit être associée à la correction des postures diurnes pour une efficacité optimale.

Kinésithérapie et glissements nerveux

Le kinésithérapeute peut enseigner des techniques de mobilisation neurale (neurodynamique), consistant à faire « glisser » le nerf ulnaire dans son canal par des exercices spécifiques d’extension-flexion du coude et du poignet. Ces exercices de glissement nerveux réduisent les adhérences péri-nerveuses et améliorent la mobilité du nerf dans son tunnel. Ils sont particulièrement efficaces dans les formes débutantes avec composante de tension nerveuse.

Les infiltrations : place limitée

Contrairement au canal carpien, les infiltrations de corticoïdes ont un intérêt limité dans la compression ulnaire au coude. Le nerf est peu entouré de tissu inflammatoire accessible et le risque d’injection intra-nerveuse est non négligeable. Elles peuvent être proposées ponctuellement pour calmer une poussée douloureuse aiguë, sous guidage échographique, mais ne constituent pas un traitement de fond.

Chirurgie du nerf ulnaire au coude : techniques et résultats

La chirurgie est indiquée lorsque le traitement conservateur est insuffisant après 3 à 6 mois, ou d’emblée en cas de déficit moteur établi (stades 3 et 4). L’objectif est de libérer le nerf de toute contrainte mécanique et de lui offrir un environnement de cicatrisation optimal.

La décompression simple (neurolyse in situ)

C’est la technique la plus simple et la moins invasive. Le chirurgien incise le ligament arqué de Osborne et la bandelette fibreuse qui forment le toit du canal cubital, sans déplacer le nerf. Le nerf est simplement libéré de sa compression mécanique tout en restant dans son sillon naturel.

  • Avantages : intervention courte (30–45 min), peu invasive, faible risque de complications
  • Résultats : excellents dans les stades légers à modérés. Taux de satisfaction supérieur à 80 % à 2 ans
  • Limites : si le nerf se subluxe lors de la flexion du coude, une simple décompression ne suffit pas

 

Pour les détails sur la technique, consultez aussi notre page Épicondylite / Tennis elbow

La transposition du nerf ulnaire

Lorsque la décompression simple est insuffisante — notamment en cas de subluxation du nerf, de déformation du coude (cubitus valgus), ou de récidive après une première chirurgie — le chirurgien opte pour une transposition du nerf : le nerf est déplacé de sa position postérieure vers une nouvelle position antérieure à l’épicondyle, à l’abri des contraintes mécaniques en flexion.

Trois variantes existent selon la localisation du nerf transposé :

  • Transposition sous-cutanée : le nerf est repositionné sous la peau, en avant de l’épicondyle. Technique la plus simple et la plus utilisée
  • Transposition intramusculaire (dans le muscle épicondylien) : protection musculaire du nerf, indiquée dans les activités avec contraintes répétées sur le coude
  • Transposition sous-musculaire (sous le muscle fléchisseur-pronateur) : protection maximale, indiquée dans les formes sévères ou les reprises chirurgicales

 

L’épicondylectomie médiale partielle

Dans certains cas, le chirurgien retire une partie de l’épicondyle médial pour agrandir directement le canal cubital sans déplacer le nerf. Cette technique est utilisée dans des indications précises (épicondyle médial proéminent, premier épisode sans subluxation) et offre de bons résultats avec un risque minime d’instabilité.

Résultats chirurgicaux et récupération nerveuse

La récupération nerveuse après chirurgie est un processus lent, mais les résultats à long terme sont bons dans les formes correctement sélectionnées :

Stade préopératoire Récupération sensitive Récupération motrice Délai de récupération
Stade 1 (léger) Complète dans 90 % des cas Complète 2 à 4 mois
Stade 2 (modéré) Complète dans 75 % des cas Quasi-complète 3 à 6 mois
Stade 3 (sévère) Partielle Partielle à variable 6 à 18 mois
Stade 4 (très sévère) Incomplète souvent Limitée — séquelles possibles 12 à 24 mois

 

La règle est la suivante : plus la compression est détectée et traitée tôt, meilleure est la récupération. Une compression chronique avec amyotrophie et griffe établie peut laisser des séquelles définitives même après chirurgie parfaite, car les fibres nerveuses ont dégénéré de façon irréversible.

Suites opératoires et rééducation

La période post-opératoire immédiate

La chirurgie du nerf ulnaire au coude est réalisée en ambulatoire. L’anesthésie est locorégionale (bloc axillaire) ou générale selon les cas. Une petite cicatrice de 4 à 6 cm est réalisée en arrière de l’épicondyle interne. Un pansement léger est posé, et le bras peut être utilisé dès le lendemain pour les activités quotidiennes légères.

Calendrier de récupération

Délai Objectifs Activités autorisées
J1 à J15 Cicatrisation cutanée, diminution oedème Activités légères main et poignet, pas d’appui sur le coude
J15 à M1 Début mobilisation coude active Conduite, retour travail bureau (sauf poste avec appui coude)
M1 à M3 Renforcement progressif, glissements nerveux Travail léger, sport doux sans appui
M3 à M6 Récupération sensitive en cours Reprise sportive progressive, travail normal
M6 à M18 Récupération motrice (stades 2–3) Activités intensives selon bilan de récupération

 

Arrêt de travail : durées selon le poste

La durée d’arrêt de travail varie considérablement selon la profession :

  • Poste sédentaire (bureau, informatique sans appui sur le coude) : 10 à 20 jours
  • Poste avec appui sur le coude ou mouvements répétés de l’avant-bras : 4 à 8 semaines
  • Travail manuel lourd (BTP, mécanique) : 2 à 4 mois selon la technique utilisée
  • Musiciens ou métiers de précision : calendrier personnalisé selon la récupération neurologique

 

Pour en savoir plus sur les modalités d’arrêt de travail après chirurgie du membre supérieur : arrêt de travail après un canal carpien : combien de temps ?.

Complications possibles et prévention

Complications générales

  • Hématome post-opératoire : rare, traité par drainage si volumeux
  • Infection superficielle de la cicatrice : traitement antibiotique local
  • Douleur cicatricielle persistante (névrome de la branche cutanée du nerf ulnaire) : complication spécifique à prévenir en identifiant et préservant cette petite branche lors de l’intervention

 

Complications spécifiques à la transposition

  • Plicature (coudure) du nerf transposé si la transposition est insuffisamment libérée
  • Compression du nerf par le fascia musculaire après transposition intra- ou sous-musculaire
  • Déhiscence de la sangle qui maintient le nerf en position antérieure (rare)

 

Risque de récidive ou d’échec

Un résultat insuffisant après chirurgie peut résulter d’un diagnostic incorrect (compression au niveau cervical ou au poignet confondue avec une compression au coude), d’une technique inadaptée au tableau clinique, ou d’une compression nerveuse trop sévère avec dégénérescence avancée irréversible. Une reprise chirurgicale est possible mais techniquement plus délicate.

Pathologies associées à explorer

La compression du nerf ulnaire s’inscrit souvent dans un tableau plus large de pathologies du coude ou de la main. Une évaluation globale est indispensable :

Épicondylite du coude – chirurgie par arthroscopie : la douleur épicondylienne interne (épitrochléite) peut coexister avec une compression ulnaire. Voir aussi notre article épicondylite coude – tennis elbow.

Douleur au coude interne : nerf ulnaire, épitrochléite ou autre cause ? : notre article de blog différencie ces pathologies cliniquement proches.

Instabilité du coude – ligamentoplastie : une instabilité ligamentaire peut provoquer une subluxation chronique du nerf ulnaire et nécessite une correction concomitante.

Raideur du coude – arthrolyse : la compression ancienne avec immobilisation peut entraîner une raideur articulaire secondaire.

Canal carpien (nerf) et compression du nerf ulnaire (main) : dans 10 à 15 % des cas, une double compression (coude + poignet) existe — on parle de syndrome de la « double crush ».

Nerf supra-scapulaire et atteintes du nerf radial : autres neuropathies du membre supérieur à connaître.

Voir aussi nos articles sur la rupture de la coiffe des rotateurs, l’épicondylite du coude (tennis elbow), le doigt à ressaut et la maladie de Dupuytren.

Consultation au Centre 74 Main & Épaule — Annecy

Le Centre 74 Main & Épaule dispose d’une expertise reconnue dans la prise en charge des neuropathies compressives du membre supérieur. Nos chirurgiens réalisent chaque année plusieurs dizaines d’interventions sur le nerf ulnaire au coude, en ambulatoire, avec un suivi post-opératoire structuré incluant kinésithérapie de glissements nerveux et bilan EMG de contrôle à 6 mois. Notre équipe de chirurgiens vous accompagne de la consultation initiale jusqu’à la récupération complète.

Prenez rendez-vous via notre page consultations. Découvrez l’ensemble de nos spécialités sur notre page chirurgies orthopédistes. Retrouvez les questions fréquentes sur nos prises en charge dans notre section questions / réponses.

 

FAQ — Nerf ulnaire au coude : vos questions

Quelle est la différence entre le nerf ulnaire et le nerf cubital ?

Ce sont deux noms pour désigner exactement le même nerf. La nomenclature anatomique internationale utilise le terme « nerf ulnaire », du latin ulna (le cubitus, l’un des deux os de l’avant-bras). Dans l’ancienne nomenclature française encore très utilisée en pratique clinique et par les patients, on parle de « nerf cubital ». Le syndrome du canal cubital désigne donc la même pathologie que la compression du nerf ulnaire au coude.

Comment savoir si mon fourmillement vient du coude ou du poignet ?

La topographie des symptômes et leur mode de déclenchement orientent fortement le niveau de compression. Une compression au coude provoque des paresthésies dans le petit doigt, l’annulaire et la face interne de l’avant-bras, aggravées par la flexion du coude (téléphone, sommeil coude fléchi). Une compression au poignet (canal de Guyon) épargne la face dorsale de la main et ne provoque pas de douleurs au niveau du coude. L’EMG avec test de conduction nerveuse est l’examen décisif pour localiser précisément le niveau de compression.

Peut-on guérir d’une compression du nerf ulnaire sans chirurgie ?

Oui, dans les formes légères (stade 1) : une attelle nocturne portée régulièrement pendant 3 à 6 mois, associée à la correction des postures compressives, permet une régression complète dans 50 à 70 % des cas. En revanche, les stades modérés à sévères (déficit sensitif ou moteur établi) nécessitent presque toujours une intervention chirurgicale pour éviter la progression vers une paralysie définitive.

La chirurgie du nerf ulnaire est-elle douloureuse ?

L’intervention se réalise sous anesthésie locorégionale (le bras est endormi sans anesthésie générale dans la majorité des cas) ou sous anesthésie générale légère selon les préférences. Les suites opératoires sont généralement peu douloureuses : une gêne locale au niveau de la cicatrice pendant 8 à 15 jours, traitée par antalgiques simples. Le coude peut être mobilisé dès le lendemain de l’opération pour les gestes quotidiens.

Combien de temps dure la récupération nerveuse après l’opération ?

La récupération nerveuse est progressive et dépend du degré d’atteinte préopératoire. Pour les formes légères à modérées, la sensibilité commence à s’améliorer dès 4 à 6 semaines après l’opération, et la récupération est quasi complète à 3–6 mois. Pour les formes sévères avec déficit moteur, la récupération peut prendre 12 à 18 mois — et n’est jamais totale si une amyotrophie sévère était présente avant la chirurgie. C’est pourquoi il est fondamental d’opérer avant l’installation du déficit moteur.

Faut-il opérer les deux coudes si les deux sont touchés ?

Une compression bilatérale du nerf ulnaire est possible mais moins fréquente que pour le canal carpien. En cas d’atteinte bilatérale, les deux côtés peuvent être opérés dans des délais rapprochés (8 à 15 jours d’écart) pour limiter la durée totale d’incapacité. L’ordre d’intervention dépend de la sévérité de chaque côté : on opère en priorité le coude le plus atteint ou le côté dominant si l’atteinte est symétrique.

Peut-on pratiquer du sport après une chirurgie du nerf ulnaire ?

Oui, et c’est même encouragé à terme. La reprise sportive progressive commence généralement à partir de 6 à 8 semaines pour les sports sans appui ni contact au niveau du coude (natation, course à pied). Pour les sports de contact (judo, rugby) ou les sports avec appui sur le coude (cyclisme, escalade), il faut généralement attendre 3 à 4 mois et valider la reprise avec le chirurgien. Pour les musiciens, la reprise instrumentale progressive commence à 3–4 semaines avec un programme adapté par le kinésithérapeute.

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