La douleur au coude interne est un motif de consultation fréquent, souvent sous-estimé au départ. Beaucoup de patients pensent à une simple fatigue ou à une tendinite passagère, mais lorsque la douleur persiste, s’intensifie ou s’accompagne de sensations inhabituelles dans la main, elle peut révéler une pathologie plus complexe.
Cette douleur localisée sur la face interne du coude peut avoir des origines très différentes. Elle peut être liée à une atteinte tendineuse, comme l’épitrochléite, mais aussi à une compression du nerf ulnaire, responsable de fourmillements, d’engourdissement ou d’une perte de force progressive. Dans certains cas, plusieurs mécanismes peuvent coexister, rendant le diagnostic plus délicat.
Dans cet article très complet, vous allez comprendre toutes les causes possibles de douleur au coude interne, apprendre à reconnaître les signes qui orientent vers une atteinte nerveuse ou tendineuse, savoir quand consulter, quels examens peuvent être utiles et quelles solutions existent aujourd’hui, du traitement conservateur à la chirurgie lorsque celle-ci est nécessaire.
Pourquoi la douleur au coude interne est-elle si fréquente ?
Le coude est une articulation charnière essentielle à la fonction du membre supérieur. Il permet la flexion, l’extension et participe aux mouvements de rotation de l’avant-bras. Sa face interne est une zone particulièrement sollicitée, car elle correspond au point d’attache de plusieurs muscles puissants de l’avant-bras et au passage d’un nerf majeur de la main : le nerf ulnaire.
Cette proximité entre muscles, tendons et nerf explique pourquoi une douleur au coude interne peut avoir des origines variées. Les gestes répétitifs, les efforts de traction, les mouvements de force ou les appuis prolongés sur le coude peuvent provoquer une irritation locale. Avec le temps, cette irritation peut devenir chronique et entraîner des symptômes persistants.
Chez certaines personnes, notamment celles dont le travail ou les activités sportives sollicitent fortement les membres supérieurs, la douleur peut s’installer progressivement, parfois sans événement déclencheur évident.
Douleur au coude interne : les causes les plus fréquentes
Lorsqu’une douleur apparaît sur la face interne du coude, deux causes principales doivent être évoquées en priorité.
La première est l’épitrochléite, une atteinte tendineuse souvent appelée “tendinite du golfeur”.
La seconde est la compression du nerf ulnaire au coude, également connue sous le nom de syndrome du canal cubital.
Ces deux pathologies sont fréquentes et peuvent parfois être confondues, car elles siègent dans la même zone anatomique. Pourtant, leur mécanisme, leurs symptômes et leur traitement sont différents.
L’épitrochléite : une tendinite de la face interne du coude
Qu’est-ce que l’épitrochléite ?
L’épitrochléite correspond à une inflammation des tendons des muscles fléchisseurs de l’avant-bras. Ces tendons s’insèrent sur une zone osseuse située sur la face interne du coude, appelée l’épitrochlée.
Ces muscles interviennent dans de nombreux gestes du quotidien, notamment la flexion du poignet et des doigts, la prise d’objets, la préhension et certains mouvements de force.
Lorsque ces tendons sont sursollicités de manière répétée, ils peuvent s’irriter, s’enflammer et devenir douloureux.
Qui est concerné par l’épitrochléite ?
L’épitrochléite est fréquente chez les personnes qui effectuent des gestes répétitifs sollicitant la main et l’avant-bras. Elle touche notamment les travailleurs manuels, les artisans, les personnes qui utilisent des outils vibrants ou effectuent des mouvements de force répétés.
Elle peut également concerner certains sportifs, en particulier ceux pratiquant le golf, l’escalade, la musculation ou les sports de raquette. Cependant, elle peut aussi apparaître chez des personnes non sportives, notamment dans un contexte professionnel ou domestique.
Symptômes typiques de l’épitrochléite
La douleur de l’épitrochléite est généralement mécanique. Elle apparaît lors de l’effort et s’atténue au repos. Elle est localisée précisément sur la face interne du coude et peut irradier légèrement vers l’avant-bras.
Les patients décrivent souvent une douleur lorsqu’ils serrent un objet, portent une charge, tordent un chiffon ou effectuent un geste nécessitant une flexion du poignet contre résistance.
La douleur n’est habituellement pas associée à des fourmillements dans la main ni à un engourdissement des doigts. La nuit, les douleurs sont souvent absentes ou modérées.
La compression du nerf ulnaire au coude : une cause fréquente et parfois sous-estimée
Le nerf ulnaire : un nerf essentiel de la main
Le nerf ulnaire est l’un des trois grands nerfs du membre supérieur. Il assure la sensibilité du petit doigt et d’une partie de l’annulaire, ainsi que la motricité de nombreux muscles de la main responsables de la précision des gestes.
Au niveau du coude, le nerf ulnaire passe dans une zone étroite et superficielle, située derrière la face interne du coude. C’est à cet endroit qu’il est le plus exposé aux compressions.
Qu’est-ce que le syndrome du canal cubital ?
Le syndrome du canal cubital correspond à une compression ou une irritation du nerf ulnaire au niveau du coude. Cette compression peut être liée à des appuis prolongés, des positions répétées avec le coude plié, ou à des anomalies anatomiques locales.
Avec le temps, la compression peut entraîner une souffrance du nerf, responsable de symptômes neurologiques parfois progressifs.
Symptômes d’une atteinte du nerf ulnaire
Contrairement à l’épitrochléite, la douleur au coude interne liée au nerf ulnaire s’accompagne souvent de signes neurologiques.
Les patients décrivent fréquemment des fourmillements dans le petit doigt et l’annulaire, une sensation d’engourdissement, parfois une impression de décharge électrique dans l’avant-bras.
Les symptômes sont souvent plus marqués lorsque le coude reste plié longtemps, par exemple pendant le sommeil, lors de la conduite ou en utilisant un téléphone.
Avec l’évolution, une perte de force de la main peut apparaître. Les gestes fins deviennent plus difficiles, la main devient maladroite et certains muscles peuvent s’affaiblir.
Comment différencier épitrochléite et nerf ulnaire ?
Même si seul un examen clinique permet de poser un diagnostic fiable, certains éléments permettent d’orienter.
Lorsque la douleur est liée à l’effort, sans fourmillements ni engourdissement, l’épitrochléite est plus probable. Lorsque la douleur s’accompagne de symptômes dans les doigts, notamment le petit doigt, une atteinte du nerf ulnaire doit être suspectée.
La présence de réveils nocturnes, d’une gêne en position coude plié ou d’une perte de force est également en faveur d’une atteinte nerveuse.
Il est important de noter que ces deux pathologies peuvent parfois coexister, notamment chez les personnes très sollicitées physiquement.
Autres causes possibles de douleur au coude interne
Bien que plus rares, d’autres causes doivent être envisagées lorsque la douleur persiste ou présente des caractéristiques atypiques.
Une arthrose du coude peut provoquer une douleur chronique, souvent associée à une raideur articulaire.
Une instabilité ligamentaire, notamment après un traumatisme, peut également être responsable de douleurs internes.
Certaines atteintes cervicales peuvent irradier vers le coude et simuler une douleur locale.
Enfin, des séquelles de fractures anciennes ou une raideur post-traumatique peuvent expliquer des douleurs persistantes.
Quand faut-il consulter pour une douleur au coude interne ?
Il est recommandé de consulter lorsque la douleur dure depuis plus de deux à trois semaines, s’aggrave ou devient handicapante dans la vie quotidienne.
Une consultation est indispensable en cas de fourmillements, d’engourdissement, de perte de force ou de maladresse de la main, car ces signes peuvent traduire une atteinte nerveuse évolutive.
Un diagnostic précoce permet souvent d’éviter une aggravation et d’adapter rapidement la prise en charge.
Quels examens permettent de poser le diagnostic ?
L’examen clinique est central. Il permet d’analyser la douleur, la force musculaire, la sensibilité et de reproduire certains symptômes.
Une radiographie du coude peut être utile pour éliminer une atteinte osseuse ou arthrosique.
En cas de suspicion de compression du nerf ulnaire, un EMG est souvent recommandé. Cet examen permet d’évaluer la fonction du nerf, de confirmer la compression et d’en apprécier la sévérité.
Une échographie ou une IRM peuvent être proposées dans certaines situations spécifiques.
Traitement de la douleur au coude interne
Le traitement dépend directement de la cause identifiée.
Dans l’épitrochléite, le traitement est le plus souvent conservateur. Il repose sur l’adaptation des gestes, le repos relatif, la rééducation et parfois des traitements ciblés.
Dans la compression du nerf ulnaire, la prise en charge dépend de la gravité. Les formes débutantes peuvent bénéficier de mesures simples, tandis que les formes plus avancées nécessitent une prise en charge spécialisée.
Quand la chirurgie devient-elle nécessaire ?
La chirurgie est envisagée lorsque les traitements conservateurs échouent et que les symptômes persistent ou s’aggravent.
Dans l’épitrochléite, la chirurgie est rare et réservée aux formes très résistantes.
Dans la compression du nerf ulnaire, la chirurgie peut être indiquée en cas de déficit neurologique, de douleur persistante ou d’aggravation progressive.
Évolution et récupération
La récupération dépend de la cause, de l’ancienneté des symptômes et de la précocité de la prise en charge.
Plus le diagnostic est posé tôt, plus les chances de récupération complète sont élevées. À l’inverse, une atteinte nerveuse ancienne peut nécessiter un temps de récupération plus long.
À retenir
La douleur au coude interne peut être liée à une épitrochléite ou à une compression du nerf ulnaire, mais d’autres causes existent. Ces pathologies nécessitent un diagnostic précis afin d’adapter le traitement.
Une prise en charge précoce permet d’éviter une aggravation et de préserver la fonction de la main.
Prenez rendez-vous si la douleur persiste
Si vous souffrez d’une douleur au coude interne, de fourmillements dans la main ou d’une perte de force, il est recommandé de consulter.
Prenez rendez-vous au Centre 74 Main & Épaule à Annecy, Chamonix ou Giez pour bénéficier d’un avis spécialisé et d’une prise en charge adaptée.




